De la caméra 80's à l'âge adulte

Avant les tronçonneuses, avant la ferraille tordue et les pierres frappées à coups de hache, il y a eu une caméra.
La première c'était une JVC, une brique des années 80 héritée de mon père et accrochée à un demi magnétoscope Thomson aussi discret qu’un réacteur nucléaire en bandoulière. Une bête lourde, câblée, assoiffée de batteries, mais qui ouvrait une brèche.

L’image était granuleuse, le son en apnée, mais l’intention était déjà là : capter le réel, ou mieux, l’abîmer un peu.
Non pas pour le documenter mais pour le transformer.
C’était du cinéma low-tech, presque secret, bricolé et vécu.
Un œil lourd, fatigué, à l'inverse de moi, jeune et léger mais sincèrement émerveillé.

Depuis, je n’ai jamais vraiment lâché la vidéo. Elle est là, en filigrane, dans les sons, les lumières, les silences.
Elle s’entrelace à la sculpture, à la musique, à tout ce que je compose.
Elle fait partie de mon langage.
Un langage cabossé, instinctif et sans sous-titres.

Ce langage constitue désormais le fondement de RUSTinPROD. En tant que structure de production, RUSTinPROD transpose cette vision "cabossée" et cette exigence de la matière dans des projets vidéo refusant le formatage.
L'objectif n'est pas la livraison d'images lisses, mais la création d'impacts visuels, ancrés dans la même pulsion créatrice que celle insufflée par la caméra originelle.

Je me souviens de deux tremblements minuscules qui ont tout déclenché.

Le premier, vers 15 ans : un stop-motion fiévreux sur la table de la cuisine.
"Musclor VS Skeletor". Un après-midi entier à enchaîner les “rec, pause, rec, pause”.
Deux cents clics pour cinq secondes d’images tremblotantes.
Dans les yeux de mon père, c’était déjà du Spielberg.
Version pâte à sel.

Le second : le tournage d'un “Easy Rider 2000” sur ma mobylette.
Sous le regard médusé de mes potes, J'avais fixé cette caméra très lourde à la fourche du cyclo avec du ruban adhésif et des tendeurs.
Cinquante mètres plus loin : crash technique. La caméra chute, mais la bande est sauvée.
À l’image : du flou, des vibrations, et une route qui défile en biais.
Dans le regard de mon père, là c'était du Georges Miller "Mad Max".
Mais à 45km/h et une caméra cassée.

Et même si aujourd’hui mon père ne regarde plus par-dessus mon épaule…
Parfois, dans un regard, dans un silence, l'image garde une trace de ça.


La puissance d’une image ne réside pas dans le volume du matériel, mais dans la précision de l’intention.

Privilégiant la mobilité et la capture à main levée, RUSTinPROD garantit une réactivité totale, où chaque intensité est saisie avec un esprit vif, au plus près de l'action en favorisant l'impact visuel.

Une agilité décuplée par une ingénierie maison 

Pour les besoins de tournages spécifiques RUSTinPROD conçoit ses propres accessoires ( perches, fixations et rigs sur mesure,... ) afin  de repousser les limites du terrain et atteindre des angles inaccessibles que le matériel standard ignore.